L’expatriation, attentes versus réalité, mon expérience sans langue de bois


Amérique du Nord, Blabla, Non classé / samedi, janvier 5th, 2019

Bonsoir,

J’avais envie depuis un moment de rédiger un article sur l’expatriation car j’en suis à ma seconde expérience mais j’attendais d’avoir un peu plus d’expérience et de vécu avant de vous en parler.

L’expatriation d’abord, parlons en, qu’est ce qu’un expatrié ? 

Un expatrié est un individu résidant dans un autre pays que le sien (sa patrie). Le mot vient des mots grecs exo (« en dehors de ») et patrida (« le pays »). Dans le langage courant, il sert généralement à désigner des professionnels hautement qualifiés s’établissant à l’étranger pour des raisons professionnelles.

Entendons-nous bien, les gens aiment utiliser à tord et à travers le terme d’expatrié alors que la vérité en fait c’est que le terme le plus approprié serait « immigré » mais on dirait que parfois ce mot fait peur.

L’expérience que l’on vit lors d’une expatriation au sens large donc, varie selon moi beaucoup en fonction de la distance d’où l’on se trouve par rapport à son chez soi et aussi en fonction de si l’on part seul ou accompagné, dans une ville ou l’on a des connaissances où pas. En effet je pense que si l’on a facilement l’occasion de rentrer souvent chez soi, cela a une importante influence dans la façon dont on vit notre expérience.

Dans cet article je vais vous parler du cas où l’on part seul, loin de chez soi et sans aucune connaissance sur place.

Pour ma part, comme vous avez certainement pu le voir sur ce blog, je suis partie de la France pour aller au Canada suite à une proposition d’emploi qu’on m’a fait. C’était à vrai dire un pur hasard que je me retrouve encore une fois au Canada (j’avais fais un PVT en 2009 d’un an à Vancouver).

 

Les débuts

Quand on arrive en terre inconnue, on passe par une première phase où tout n’est que découverte, on rêve presque les yeux ouverts et c’est génial. Mais rapidement, (surtout lorsque l’on travaille) on entre dans une certaine routine. C’est quand cette petite routine commence à s’installer et que l’on rentre le soir chez soi, dans une maison vide qu’on commence à cogiter un peu. Quand on ne connait encore personne et qu’on se retrouve très souvent seul, on commence à se demander si l’on a fait le bon choix.

Lorsque l’on part à un certain âge, pour ma part à 26 ans, on arrive à un âge ou beaucoup de gens sont en couples, ont déjà leur cercle d’amis. Bien entendu il reste les autres « expatriés » mais on a pas toujours envie de retrouver les compatriotes qu’on a laissé derrière nous. A cet âge-là, sans passer par la case étude, la plupart des gens n’ont pas tellement envie d’élargir leurs cercles d’amis de façon proactive !

On reproche souvent aux français qui arrivent au Québec de rester entre eux, de ne pas vraiment s’ouvrir aux gens sur place et c’est vrai que j’en connais beaucoup qui font cela. Je les comprends, c’est très tentant car c’est effrayant de se forcer à aller vers les autres surtout si on est de nature timide. Essayer de s’ouvrir aux autres, de faire des rencontres c’est ouvrir une porte au rejet et le rejet et bien ça fait mal, surtout à l’égo. Ça a aussi comme conséquence de nous faire perdre confiance en nous.

C’est un peu ce que j’ai vécu en arrivant ici, parce qu’on m’avait tellement répété que les Québecois étaient des personnes tellement accueillantes que j’ai pensé approprié quelques semaines après mon arriver d’aller voir des filles dans le vestiaire de mon cours de Yoga et leur faire « salut moi c’est Jessica ». Bon laissez-moi vous dire que ce fut un échec cuisant. Personne, même une personne accueillante n’a envie de se faire interpeller par une inconnue qui se cherche des amies haha.

Pour faire des rencontres

Vous pourriez essayer les sports d’équipe. Je m’étais inscrite pour ma part au foot. Ça n’avait pas été hyper fructueux dans mon cas mais tout dépend toujours de sur qui l’on tombe et le nombre d’atomes crochus. Vous pourriez peut-etre essayer aussi le hockey ?

 Le bénévolat peut également être un très bon moyen pour rencontrer du monde. Vous pourriez vous choisir une cause qui vous tient à cœur et essayer de participer à une activité autour de cette dernière.

Le lieu de travail est un lieu de rencontre comme un autre mais j’émets un petit bémol pour ma part. En effet dépendamment de sur qui vous tombez votre expérience peut rapidement virer au cauchemar si vous vous livrez trop vite à une ou plusieurs personnes et que ces personnes décident pour X raison de retourner leur veste. Attendez d’être sure de savoir sur qui vous pouvez compter avant de vous livrer. Pour ma part c’est mon second poste ici qui m’aura comblé le plus d’un point de vue relation, j’ai fais de très belles rencontres avec des personnes que j’affectionne beaucoup. Par contre cela ne veut pas dire, même si cela est réciproque que ces personnes voudront poursuivre cette relation en dehors du travail avec vous ! Entrer dans le cercle de Québecois n’est pas toujours aussi facile que l’on pense !

Sinon, je vous avoue m’être aussi inscrite sur tinder, je cherchais des amis à la base…et finalement je me suis trouvée 1 mois et demi après mon arrivée mon partenaire de vie actuel. Je vais être franche avec vous, c’est beaucoup grâce à lui que j’ai fais des rencontres avec de belles personnes. Et pourtant, 2 ans et demi après mon arrivée, je ne peux pas vous dire que j’ai un cercle d’amies à proprement parler. Je ne connais personne que je pourrais appeler un soir après le travail pour lui dire « viens on s’achète des glaces ben and jerry et on regarde titanic ce soir ».

Avec l’importance des réseaux sociaux, de plus en plus de groupes se créent, ils peuvent vous permettre de faire des rencontres par centre d’intérêt ou bien par ville tout simplement. C’est vraiment un beau moyen de rencontrer facilement, rapidement ! A Québec par exemple il y a un groupe de de passionnés de randonnées, je pense que c’est le genre d’endroit virtuel qui peut nous aider à faire de belles rencontres.

 

Le choc culturel on en parle ?


Les gens pensent souvent que tout est facile dans la vie à l’étranger parce qu’on poste souvent du contenu sur les réseaux sociaux qui est dépaysant pour eux. Ils ont l’impression qu’on fait tout le temps des activités et qu’on est en vacances. Pourtant la réalité est un peu différente.

En partant au Québec je me disais clairement que ça allait être facile d’un point de vue culturel car on parle la même langue ! Que néni ! 2 ans et demi après mon arrivée j’observe encore des différences dans la façon de parler, de penser, d’agir etc. Ce n’est pas une critique et ce n’est certainement pas négatif, au contraire, c’est une véritable source d’enrichissement. Mais comprenez par-là que ça nous place fréquemment dans une situation de décalage avec les autres qui nécessite un ajustement.

Même si bien entendu, tout le monde n’est pas comme cela au Québec, j’ai eu beaucoup de mal avec les tours du poteaux pour éviter de parler de choses sérieuses ou encore les dires dans le dos, surtout dans le cadre du travail. J’ai eu bien de la misère avec les méthodes parfois très intrusives je trouve, telles que les enquêtes de crédit pour ouvrir une ligne téléphonique, louer un appartement au point où l’agence appelle mon directeur hiérarchique pour savoir si je viens tous les jours travailler.

Dans le thème des interactions humaines j’ai eu beaucoup de mal avec le fameux concept de la « fréquentation » phase obligatoire par laquelle il faut passer avec l’élu de votre cœur et pendant laquelle il peut se permettre d’aller voir ailleurs jusqu’à tant qu’on ne devienne pas la « blonde officielle », comprenez la petite amie.

La gastronomie québécoise est aussi très différente de la gastronomie française. Si vous aimez les fèves au lard, les patates, les pâtés à la viande, le bacon et le fromage quick-pwick vous ne serez pas déçu ! Si vous cherchez toutes vos marques préférées à l’épicerie vous serez ruinés et si vous cherchez le goûts des produits français dans les produits québécois vous vous leurrez ! Apprenez à vivre avec le fait que vous ne boirez plus jamais de limonade, que vos céréales n’auront plus jamais la même saveur et que vous pouvez tirer une croix sur les caillettes ou la bonne figatelli ! Ha oui j’oubliais, si vous êtes un maniaque de yaourts, vous risquez de ne pas vous en remettre.

 

Gardez-bien cela en tête avant de partir


L’expatriation c’est une montagne russe d’émotions, c’est se faire violence fréquemment pour obtenir des choses qui étaient acquises chez nous dans notre petit confort. C’est accepter que les choses ne soient pas toujours exactement comme on les imaginait mais embrasser ce décalage. C’est accepter d’avoir l’impression de regresser sur certains aspects de notre vie parce que certaines choses prennent du temps à construire surtout lorsque l’on part de zéro. Si on a pas cette acceptation alors on est malheureux et les larmes peuvent couler et couler longtemps. Il faut cependant accepter qu’elles coulent de temps en temps pour pouvoir aussi faire son bout de chemin et réaliser que s’apitoyer parfois ça fait du bien mais sur le long terme ça n’aide en rien.

Partir loin de chez soit c’est aussi accepter le fait que ça ne soit pas aux autres de s’adapter à nous mais plutôt l’inverse. Je pense sincèrement qu’il est tout à fait possible de s’adapter tout en gardant notre propre personnalité.

L’expatriation en dépit de tout c’est le grand manque de la famille, des amis des repères. C’est cette sensation perpétuelle d’être une personne indigne qui laisse derrière elle ses proches les plus chers. En plus de l’auto-culpabilité c’est un peu de cette façon aussi que l’on est étiqueté par certains membres de l’entourage de nos proches. Parfois, certains choix n’en sont pas, parfois une rencontre vient bouleverser le cours d’un projet de vie, on ne contrôle pas tout.

L’expatriation c’est pas une vie parfaite mais c’est une expérience qui nous apprend tellement sur notre personne, qui nous apprend tellement en terme de savoir vivre, de savoir être avec les autres. Partir à l’étranger a toujours été selon mon avis la meilleure école de la vie. Ça nous oblige bien des fois à prendre du recul et dédramatiser aussi certaines situations. Je pense que quelque part, quelle que soit notre ressenti lorsque l’on se trouve à l’étranger, on en ressort toujours du positif. Parfois il suffirait d’être un petit peu plus orienté dans le moment présent pour être capable de le savourer à sa juste valeur. C’est ce que j’ai ressentis plusieurs mois après mon retour de Vancouver.

2 ans et demi à Québec

Il s’en est passé des choses en 2 ans et demi pour ma part. Je suis arrivée ici avec un emploi, j’en ai commencé un nouveau. Il y a eu les hauts et les bas qui venaient avec mais pour le moment je ne regrette pas ma décision d’être partie de chez moi. Je vis de beaux moments ici qui me construisent chaque jour un peu plus. J’apprécie toujours autant cette sécurité que je ressens ici lorsque je me promène dans les rues. J’apprends chaque hiver un peu plus à apprécier le grand air même quand ça caillette !! Je suis entourée de belles personnes au travail qui contribuent énormément à me faire passer de belles journées dans ma petite routine. J’ai rencontré également mon conjoint et son adorable famille, qui prend tellement bien soin de moi. Le chéri et moi même sommes parents de 2 beaux chatons Luna et Maurice qui nous préparent amplement à la  véritable vie de parents en nous réveillant à 6h30-7h le week-end. Le dossier de résidence permanente est lancé, on se croise très fort les doigts pour l’obtenir cette année.

Il y aurait tant à dire mais ce serait trop long alors si vous avez des questions, c’est le moment n’hésitez pas j’y répondrai en commentaire!

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