Amérique du Nord Blabla

4 ans de vie au Québec : Petit récit d’une française expatriée au pays des caribous

Bonjour à toi qui me lis,

Si tu me connais un peu, tu sais combien j’aime donner mon avis (sur tout, même quand on me le demande pas), à quel point j’aime aussi faire des petites rétrospectives. Alors comme cette vie est bien courte et que ça me procure du plaisir, je vais te dresser un petit bilan de 4 années de vie au Québec !

Il y a un peu plus de 4 ans maintenant, j’ai eu cette opportunité professionnelle qui s’est présentée à moi, sans même que j’ai songé à vrai dire à partir aussi loin pour mon premier emploi. Je crois que les circonstances, le mélange entre excitation et peur de l’inconnu ont fait figer mon cerveau au point qu’au lieu de me préparer à vivre cette expatriation, je suis restée très passive pendant que les mois où mes démarches d’immigration suivaient leur cours. Avec le recul je me rends compte que j’aurais surement du passer ces quelques mois à me préparer au moins un peu psychologiquement à l’expatriation.

A 25 ans, en sortant d’école, même en ayant eu plusieurs petites expériences à l’étranger, dont 1 année au Canada en PVT dans l’ouest Canadien (Vancouver) je peux vous garantir qu’on est très loin d’imaginer à quoi ressemble une expatriation qui dure plusieurs années.

 

Ces 4 années au Québec ont été des années très intenses avec beaucoup de péripéties, certaines sympas, d’autres un peu moins. Pour vous faire un petit topo. En 4 ans, j’ai déménagé 4 fois (yeah on est sur une moyenne d’une fois par année), j’ai déménagé de la ville dans laquelle je suis arrivée (Québec) pour aller vivre à Montréal, j’en suis à mon troisième employeur et je ne suis pas encore résidente permanente. 

 

Logement: Arriver avec un permis de travail fermé au début du mois de juin

 

Mon employeur m’avait quasiment interdit de chercher un logement avant d’arriver sur place. Oui mon employeur qui n’avait jamais mis les pieds au Québec avant savait tout mieux que tout le monde….Pourtant je lui avais fais part de mon inquiétude de me retrouver avec un logement un peu miteux étant donné qu’au Québec tout le monde (ou presque) déménage au 1er juillet. Comment vous dire que j’aurais du m’écouter…je suis arrivée le 5 juin,  mon employeur m’a payé 5 nuits à l’hôtel et ensuite je devais me débrouiller pour me trouver un logement. Il ne restait plus grand chose à cette période de l’année et la vérité c’est que je savais pas à quoi allait ressembler mon salaire net… Bref, j’ai du faire 1 mois en auberge, airbnb en attendant le 1er juillet pour pouvoir emménager dans un appartement qui sincèrement ne me plaisait pas vraiment..Où comment perdre pas mal d’argent inutilement en 1 mois.

Mon conseil: trouvez un contact sur place qui puisse faire des visites pour vous et prenez-vous y à l’avance car tous les logements les plus sympa vont vous passer sous le nez.

 

Vie sociale: Vivre à Québec sans connaitre personne

Sincèrement, ce qui peut vous aider le plus, c’est le travail ! Si vous avez des collègues de votre âge, avec qui vous partagez des affinités c’est le jackpot et c’est probablement la meilleure façon de vous immerger parmi les Québécois. A mon premier travail, je n’ai pas pu me retrouver dans ce contexte et sincèrement j’ai trouvé ça très difficile d’essayer de me lier d’amitié avec des Québécois à Québec. La seule chose qui m’ait vraiment aidé la première année à faire de belles rencontres, c’est le fait d’avoir rencontré un Québécois qui m’a rapidement présenté à des amis.

Mon conseil: Si au travail ce n’est pas possible pour vous de vous faire des amis, essayez de participer un maximum à des activités sur une base régulière car sinon vous risqueriez de vous sentir bien seul(e)…et surtout persévérez, il y a des humains magnifiques partout.

 

Qualité de vie: Vivre dans la ville de Québec

Québec va rester dans mon petit cœur pour beaucoup de raisons. C’est une ville magnifique, il y fait bon vivre, le centre ville est superbe. Mon coin préféré à vie à Québec le vieux-port petit Champlain. Ce coin va me manquer. Si vous ne vivez pas proche de votre travail il se peut que vous deviez investir dans une voiture dépendamment d’ou vous vivez car les transports en commun en dehors du centre ville ne sont pas très efficaces. Exemple, je vivais dans le vieux port, cela me prenait 15-20 minutes de voiture pour me rendre à mon travail. En autobus cela m’aurait pris en moyenne 1h30. La qualité de vie dans cette ville est quand même belle, le prix des logements restent dans les limites du raisonnable et on a tout ce qu’il nous faut pour aller faire du shopping. Bon je dois vous avouer quand même que mes boutiques françaises en prêt à porter m’ont souvent manqué mais on s’y fait. Simons devient notre nouveau Zara (bien qu’il y ait des Zara au Québec). En terme d’activités culturelles,il y a quand même des choses très très sympa: Le FEQ, Bordeaux fête le vin une année sur 2, le festibierre, la poutine week, les parcours épicuriens, le carnaval et j’en passe. Ce qui manque cruellement à Québec ce sont des belles expositions dans les musées. Aussi, j’ai toujours trouvé que les concerts étaient trop chers, pas accessibles du tout (compter plus de 200$ en moyenne pour aller voir des artistes connus), idem pour les pièces de théâtre. Les coins de nature proches de la ville de Québec sont aussi incroyables. On peut partir s’évader n’importe quand sans avoir à faire trop de km mais là encore une fois cela nécessitera une voiture. En somme, j’ai adoré vivre dans cette ville et je suis reconnaissante d’y avoir vécu plus de 3 ans.

 

La Santé: Se soigner au Québec

Vous n’allez pas pouvoir avoir un médecin généraliste de famille. Il vous faudra aller dans ce qu’on appelle les « cliniques sans rendez-vous » dans lesquelles il vous faut prendre rendez-vous au passage haha. Il faut appeler la veille. Si vous avez un soucis sérieux, ils vont vous référer à un spécialiste avec lequel vous pourrez être suivi. En général, lorsque vous passez des examens, ne vous attendez pas à être rappelé pour avoir les résultats. Ils considèrent que si tout va bien ils ne vous donnent pas de nouvelles. J’ai eu une très mauvaise expérience pour ma part avec ce type de système ou on a « oublié » de m’appeler 2 fois. Je vous conseille, quitte à passer pour le français relou, de les rappeler 3 semaines 1 mois après vos examens et leur demander si tout était ok. Pour les soucis plus urgents, il vous faudra passer par la case « urgence » à l’hôpital et vous armer de patience avec des attentes de parfois 12 heures. Lorsque vous arrivez à l’urgence, une infirmière vous questionne et vous donne un rang en fonction de sa perception de votre état. Autant vous dire que ce système de tri est pas toujours le plus efficace. Pour tout ce qui est santé bucco-dentaire et ophtalmologie, c’est un peu comme en France, c’est hors de prix et pas pris en chargé par la sécurité sociale d’ici (RAMQ) mais avec un peu de chance vous aurez une bonne mutuelle avec votre employeur qui vous donnera accès à certains soins pris en charge.

Mon conseil: Faites des suivis serrés avec les médecins que vous voyez et…. armez vous de patience.

 

Travailler à Québec

Je vais passer très vite là dessus car c’est un sujet que j’ai beaucoup abordé ici ainsi que sur ma chaine Youtube. Préparer vous à pénétrer le marché du travail dans une culture très Nord-Américaine avec quasiment aucune sécurité d’emploi comparativement à ce que l’on connait en France. Par contre, pour ceux qui en veulent, qui sont ambitieux, plus d’opportunité de grimper dans l’échelle hiérarchique. En terme de salaire, évidemment tout dépend de votre poste mais globalement les salaires à Québec ne sont pas incroyables si vous vous obstinez à les convertir en euros. Si vous décidez de changer d’emploi ou que vous perdez le votre, soyez patient, persévérants car Québec n’est pas une ville très cosmopolite et par conséquent, si vous avez des démarches à faire faire à votre futur employeur, ça peut clairement être un frein (surtout dans les domaines un peu qualifiés, pas tant pour les jobs d’appoints qui ne nécessitent pas de qualifications particulières) car ils n’y sont pas nécessairement habitués et cela peut leur faire un peu peur. Je suis passée par cette étape 1 fois après avoir perdu mon premier emploi, cela m’a pris 3 mois pour retrouver quelque chose dans mon domaine. Par contre, la seconde fois après plus de 100 candidatures et une belle vingtaine d’entretiens, je n’avais toujours rien…c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de déménager à Montréal. A Montréal j’ai fais 5 candidatures, j’ai passé 3 entretiens et j’ai trouvé mon travail.

Mon conseil: soyez juste très conscient des réalités du marché et ne prenez rien pour acquis.

 

Payer ses impôts au Québec

Si comme moi, vous n’avez aucune notion en comptabilité (ou oublié toutes celles qu’on vous a apprise à l’école) je vous recommande de passer par une firme spécialisée. Je ne vous recommande pas H&R blocks qui est l’entreprise par laquelle je suis passée la première année. Ce sont des voleurs, ils vous indiquent un prix puis votre facture n’est pas la même et ils se justifient avec des excuses qui ne tiennent pas la route. Le best du best c’est de trouver quelqu’un de pas nécessairement professionnel dont vous avez eu des supers retours sur son sérieux, sa belle expérience pour vous faire avoir tous les retours d’impôts auxquels vous avez droit, cela vous coûtera moins cher que de faire faire cela par un cabinet comptable. Malgré la déclaration à la source, si le gouvernement provincial ou fédéral estiment que vous avez payé trop d’impôts sur l’année, vous aurez droit à un remboursement. Pour votre première année, si vous arrivez en cours d’année vous avez de bonnes chances d’avoir un beau chèque de retour d’impôt, ça fait toujours plaisir !

Mon conseil: Passez par une firme spécialisée si vous ne connaissez pas toutes les subtilités du système.

 

Déménager de Québec à Montréal 

Evidemment tout dépend des raisons qui vont ont poussé à partir. Pour ma part, cela fait 10 mois que je suis arrivée, et bien que le COVID ne nous ait pas encore permis d’explorer la ville de fond en comble, voici quelques constats que je peux dores et déjà dresser. Montréal est définitivement cosmopolite, ça fait du bien de voir de la diversité partout ! Je trouve que tout d’un coup on se sent moins « le maudit français » et je dois vous dire que ça fait du bien car se faire appeler « la française » 3 ans plus tard, ça peut paraître idiot pour certain mais parfois ça peut être un peu lourd. Ne plus avoir à prendre sa voiture pour aller partout est une belle bouffée d’air frais, surtout en hiver ! Il fait tout de même quelques degrés de plus à Montréal qui ne sont pas négligeables mais l’hiver est quand même aussi long haha ne vous leurrez pas. La vie à Montréal est tout de même un peu plus chère qu’à Québec, surtout au niveau des logements, les prix de loyers sont indécents ! Il faudra vous armer de patience là encore et avoir un petit coup de chance, ou alors un gros budget pour trouver la perle rare. Coté nature, il y a des coins bien sympas et la ville a quand même beaucoup de parc donc l’immense Mont Royal qui surplombe la ville.

Mon conseil: avant de sauter le pas, calculez vos dépenses pour être certains de pouvoir vous permettre financièrement cette décision sans être trop trop serré. Utilisez toutes vos relations possibles et imaginables pour vous aider à vous trouver un logement.

 

Faire ses démarches d’immigration au Québec

Je vous annonce la couleur de suite. Québec est la province la plus longue pour obtenir votre résidence permanente. Comptez minimum 2 ans à partir du moment ou vous recevez votre CSQ (on peut l’obtenir après 1 an de travail au Québec) donc en somme minimum 3 ans. En Ontario cela prend 6 mois environ pour vous donner une idée du gros décalage qu’il y a entre le Québec et les autres provinces au Canada. Le Québec donne des quotas très strictes au Fédéral et cela ralenti énormément les démarches. Pour vous donner une idée,  à l’heure ou j’écris cet article, soit le 7 juin 2020, j’en suis à 23 mois de traitement de ma demande et toujours aucune nouvelle. Cela après m’être fait demander des documents que logiquement on n’aurait pas du me demander…mais que voulez-vous, les demandes sont très arbitraires et sont à la totale discrétion de l’agent qui traite votre dossier.

Mon conseil: Ne tardez pas à faire vos démarches, préparez-les en amont et foncez quand vous êtes autorisés à les faire car ce processus est parfois long, sinueux, épuisant. Une véritable montagne russe des émotions.

 

Si je devais résumer en quelques phrases mes 4 années de vie au Québec

L’expatriation au début de sa vie professionnelle (comprendre sans expérience professionnelle) n’est pas la chose la plus aisée de part le manque d’expérience professionnelle. Ne vous attendez pas à ce qu’on vous déroule le tapis rouge en arrivant haha. Vous devrez convaincre en travaillant fort. Ne cherchez pas à reproduire ce que vous connaissez en France ici car à moins de ne rester qu’entre Français cela ne fonctionnera pas. Essayez, du plus fort que vous pouvez de ne pas vous arrêter à des expériences plus difficiles pour tirer des conclusions, car il y en aura (c’est un travail de tous les jours).On se fait toujours une idée de quelque chose et cela peut être source de déception. Le chemin est aussi parfois plus sinueux qu’on l’aurait imaginé.  Mais en dépit de tout, j’aime la petite vie que je me construis ici, j’aime ma petite routine, j’aime mes escapades dominicales dans la nature, j’aime me sentir en sécurité. J’aime le fait de me sentir mûrir ici. J’aime les gens que j’ai rencontré ici, je les aime d’amour. J’ai fais des rencontres de cœur que je ne pensais pas faire. J’aime bien m’en moquer un peu mais j’aime l’influence de la culture américaine car c’est ce qui me rappelle que je ne suis pas chez moi, c’est comme si je vivais encore « ma petite aventure ». Les difficultés, les obstacles me rendent plus endurante, me font beaucoup travailler sur moi-même, me rendent aussi pas mal plus spirituelle, me font grandir aussi surement. Enfin, et pas des moindres, j’ai rencontré un homme merveilleux ici qui a une famille tout autant merveilleuse aussi qui m’a accueilli les bras ouverts. Je suis leur suis tellement reconnaissante de tout ce qu’ils font pour moi, je n’aurais pas pu espérer mieux. Alors bien sur, notre famille, nos amis et bien d’autres choses nous manquent cruellement et parfois ce maque se fait si lourd que l’on doute, et que l’on voudrait abandonner. Le plus important est toujours d’essayer de rester le plus objectif possible et de ne pas se mentir à soit même, de faire des choix qui sont en accord avec ce que l’on souhaite.

Pour ma part, l’histoire est à continuer !

 

 

Partage

You may also like...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

23 + = 31